Pour certains projets vidéo, une seule personne peut assurer plusieurs fonctions : réalisation, conduite éditoriale, cadrage, lumière, prise de son, parfois même montage.
Cette polyvalence présente de vrais avantages, notamment en matière de simplicité et de budget. Mais elle a aussi ses limites : selon la complexité du tournage et le niveau d’exigence attendu, travailler seul n’est pas toujours la meilleure option.
LES AVANTAGES DU VIDÉASTE POLYVALENT :
Ils sont assez évidents :
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un seul interlocuteur, qui maîtrise le projet dans son ensemble ;
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un coût réduit, puisqu’il n’est pas nécessaire de mobiliser plusieurs techniciens.
Deux arguments importants, qui rendent cette configuration parfaitement adaptée à de nombreux projets.
LES LIMITES DE L’HOMME -OU LA FEMME- ORCHESTRE :
Peut-on tout gérer en même temps ?
Un vidéaste polyvalent doit pouvoir gérer simultanément la partie éditoriale — réalisation du film, coordination avec le client et les intervenants, conduite des interviews — et toute la partie technique : cadrage, lumière, son, voire préparation et équilibrage d’un stabilisateur pour les images en mouvement.
À cela s’ajoute toute la logistique du tournage : déplacer et installer le matériel, changer une batterie ou une carte mémoire, adapter une configuration, récupérer un accessoire… souvent avec peu de temps entre deux séquences.
Oui, il est possible de travailler seul, notamment lorsqu’il y a une unité de lieu, suffisamment de temps et des interviews statiques et posées.
Mais dès que le tournage se complexifie, les limites apparaissent rapidement : interviews plus exigeantes, changements de configuration fréquents, plusieurs personnes à sonoriser, déplacements rapides ou nécessité d’enchaîner les séquences.
Plus une image est élaborée, plus elle demande du temps… ou du monde derrière la caméra.
la concentration : DIFFICILE D’ÊTRE PARTOUT À LA FOIS.
Où doit aller la concentration ? Sur l’interview ? Le cadre ? Le son ? La lumière ? La technique ?
Une tâche est toujours mieux réalisée lorsqu’on peut s’y consacrer pleinement. En cumulant les fonctions, on augmente mécaniquement le risque de passer à côté d’un problème technique ou d’un élément important du tournage.
Et dans certaines situations, tout gérer simultanément devient tout simplement impossible.
La prise de son : CERTAINES SITUATIONS NÉCESSITENT UN SPÉCIALISTE.
Lors d’une interview simple, le réalisateur-cadreur peut parfaitement gérer lui-même la prise de son, notamment avec des micros-cravates.
Dans d’autres situations, la présence d’un preneur de son devient nécessaire.
C’est notamment le cas pour des interviews plus exigeantes, avec plusieurs intervenants, lorsque le réalisateur doit pouvoir rester pleinement concentré sur les personnes et sur le contenu. C’est d’autant plus important lorsque le film est destiné à être diffusé dans une grande salle, où la qualité sonore doit être irréprochable.
Même chose pour certains reportages : filmer une scène tout en captant précisément des dialogues, parfois en mouvement ou dans un environnement bruyant, nécessite un dispositif spécifique. Le micro-canon installé sur la caméra peut alors être insuffisant et servir principalement à récupérer un son d’ambiance.
Enfin, les séquences fictionnées comportant des dialogues nécessitent généralement une prise de son dédiée.
QUAND LE NIVEAU D’EXIGENCE AUGMENTE, L’ÉQUIPE AUSSI.
Dès que l’on monte en gamme, chaque étape du tournage demande davantage de maîtrise et de spécialisation.
Cela ne retire rien à la capacité d’un vidéaste polyvalent à cadrer, réaliser ou monter avec un très bon niveau. Mais une équipe permet à chacun de se concentrer pleinement sur son domaine et d’apporter son expertise au projet.
Prenons l’exemple d’un film corporate ou promotionnel pour lequel la qualité d’image est primordiale. Le tournage peut nécessiter une caméra plus exigeante, de la machinerie ou un dispositif d’éclairage plus important. La présence d’un chef opérateur ou d’un assistant prend alors tout son sens.
Une interview peut également gagner en qualité avec deux caméras, une lumière particulièrement travaillée ou des mouvements de caméra destinés à dynamiser le rendu. Dans ce cas, un deuxième cadreur peut devenir nécessaire.
Seul ou en équipe : une question de projet.
Un reportage simple peut parfaitement être réalisé seul.
Un reportage plus complexe peut également l’être, à condition d’avoir suffisamment d’expérience et de polyvalence, avec les limites évoquées précédemment.
En revanche, plus un film corporate ou promotionnel devient élaboré, plus il devient difficile — voire impossible — de conserver cette organisation en solo.
EN CONCLUSION
Il n’existe donc pas UNE configuration idéale pour tous les tournages.
Plus le niveau de qualité attendu est élevé, plus le projet est complexe ou exigeant techniquement, plus il devient pertinent de constituer une équipe dans laquelle chacun occupe une fonction spécialisée.
Lorsque l’image de marque de l’entreprise est en jeu, c’est un élément important à prendre en compte dès la conception du projet.